top of page

Les études scientifiques sur
la réalité virtuelle immersive en collaboration avec KineQuantum

KineQuantum s'inscrit dans une démarche EBP kiné. La réalité virtuelle immersive est une technologie de pointe plutôt récente. Cependant, de nombreuses études ont déjà été réalisées sur son usage dans différents domaines, dont la rééducation physique. Retrouvez ci-dessous des études scientifiques réalisées avec le casque de réalité virtuelle thérapeutique KineQuantum.

Zauderer, J., Lefèvre-Colau, M. M., Davoine, É., Hocquart, M., Rannou, F., Roby-Brami, A., Nguyen, C., & Roren, A. (2021). Exercise therapy program using immersive virtual reality for people with non-specific chronic neck pain: A 3-month retrospective open pilot and feasibility study. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine, 65(2), 101527. DOI : 10.1016/j.rehab.2021.101527

Une étude a été menée au service de kinésithérapie de l'hôpital Cochin (AP-HP) à Paris, pour évaluer l'utilisation d'un dispositif de réalité virtuelle immersive (RVI) pour les personnes souffrant de douleurs chroniques cervicales non spécifiques (NsCNP). Le dispositif de réalité virtuelle thérapeutique KineQuantum a été utilisé. Les résultats de l'étude ont montré que l'utilisation de KineQuantum était faisable et a permis une amélioration de la douleur et de la fonction chez les personnes souffrant de NsCNP.

Méthodologie
  • Schéma & participants : Étude pilote transversale en cross-over avec 17 personnes souffrant de cervicalgies chroniques et 26 personnes asymptomatiques. Le programme de rééducation a été conçu par 3 spécialistes seniors en médecine physique et de réadaptation (MPR) ou en rhumatologie, 1 résident en médecine physique et de réadaptation (ED) et 2 kinésithérapeutes expérimentés dans la prise en charge des NsCNP.

  • Protocole : 5 séances de rééducation supervisées (3 heures par session). Chaque séance incluait des exercices actifs de mobilité cervicale et des exercices de coordination œil-cou utilisant le casque de réalité virtuelle KineQuantum, des exercices classiques de rééducation hors RVI (activités physiques de type aérobic, mobilité et renforcement musculaire) et des exercices de rééducation à domicile.

Résultats

Les 3 mobilités cervicales sont significativement augmentées chez les personnes cervicalgiques chroniques avec la réalité virtuelle immersive pour les rotations axiales (+12,3°, p=0,04), flexion­-extension (+16,3°, p=0,01) et inclinaisons (+5,6°, p=0,01). Chez les participants asymptomatiques, seule la rotation axiale est significativement augmentée (+12°) (p=0,01).

 

Pour les participants cervicalgiques, les corrélations sont faibles (<0,3) sauf pour la différence d'inclinaison latérale (avec RVl/hors RVI) corrélée avec le score de douleur (r=0,31) et le score de kinésiophobie (r=0,53).

 

La mobilité cervicale active mesurée en RVI est supérieure à celle mesurée hors RVl, nous ignorons si ces différences sont cliniquement pertinentes. Cet effet de la RVI n'est pas exclusif de la population cervicalgique chronique, elle implique donc d'autres mécanismes que la distraction de la douleur. L'augmentation du focus externe (concentration et attention focalisée sur une cible) est un facteur proposé pour expliquer l'impact de la RVI sur les performances motrices.

 

Les résultats ont montré une réduction de l'intensité de la douleur et une amélioration de la cinématique cervicale chez les patients souffrant de NsCNP.

Tooth, C., Schwartz, C., Croisier, J.L., & Forthomme, B. (2023). Place de la réalité virtuelle dans la rééducation de l'épaule: une étude préliminaire. SEMS-Journal, 71(1). https://sems-journal.ch/12263

Méthodologie
  • Schéma & participants : Quatre patients souffrant de douleurs d'épaule et de dyskinésie scapulaire ont participé à ce protocole expérimental.

  • Protocole : programme de rééducation en réalité virtuelle immersive (RVI) pour la rééducation du membre supérieur avec le dispositif KineQuantum® pendant 12 semaines, avec 2 séances par semaine et un programme d'exercices à domicile.

  • Chaque séance de rééducation comprenait 15 minutes de rééducation avec KineQuantum® et 15 minutes de rééducation classique. En RVI, le niveau d’intensité (amplitude de mouvement, difficulté du jeu, précision des mouvements) et la vitesse d’exécution des exercices ont été progressivement augmentés de façon identique.

  • Différentes évaluations réalisées avant et après intervention : intensité de la douleur, fonctionnalité, force isométrique maximale et activité électromyographique des muscles stabilisateurs de la scapula.

Résultats

Diminution de la douleur : Au terme des 12 semaines, une diminution significative de la douleur a été observée chez les patients. Les douleurs rapportées étaient très nettement inférieures à celles présentes en début de rééducation (diminution de 2,35 unités sur 10 entre le début et la fin du traitement).

Amélioration fonctionnelle : Le score fonctionnel, mesuré par le questionnaire DASH (Disability of Arm, Shoulder and Hand), a également montré une amélioration significative, en particulier dans la catégorie sport. En effet, une diminution de 8.5 à 25% a été observée après 6 semaines, tandis qu’une diminution de l’ordre de 47–64% a été notée après 12 semaines.

Augmentation de la force : une augmentation de la force isométrique maximale a été constatée dans les différentes positions testées. Lorsque l’on considère la moyenne des sujets, l’augmentation la plus importante a été notée dans la position «Prone-v-thumbs up» (39%).

Graphique Score obtenu au questionnaire DASH avant le traitement, à 6 semaines et à la fin

Augmentation de la force : une augmentation de la force isométrique maximale a été constatée dans les différentes positions testées. Lorsque l’on considère la moyenne des sujets, l’augmentation la plus importante a été notée dans la position «Prone-v-thumbs up» (39%).

 

Rééducation efficace de l'élévation excessive du moignon de l'épaule : En ce qui concerne l’activité des muscles stabilisateurs de la scapula, une diminution des ratios trapèze supérieur/trapèze inférieur et trapèze supérieur/dentelé antérieur a été observée, indiquant une amélioration de l'activité musculaire péri-scapulaire, ce qui permet une rééducation efficace de l'élévation excessive du moignon de l'épaule. Lors de la flexion avec charge, une diminution entre 37% a été observée au niveau du ratio TS/TI. Lors de l’abduction, cette diminution était de l’ordre de 14% lorsque le mouvement est réalisé avec charge et de l’ordre de 22% lorsqu’il est réalisé sans charge.

 

Enfin, concernant le ratio TS/DA, sa diminution a atteint 28% en flexion. En abduction, elle était comprise entre 6 et 37%.

Rmadi, H. (2023). Approche posturo-comportementale de la peur de tomber en réalité virtuelle : Acceptation et perspectives de prise en charge chez le sujet âgé [Unpublish doctoral thesis].

Dans ce travail doctoral 3 études ont été réalisées. La première porte sur l’acceptation de la réalité virtuelle immersive (RVI) par les personnes âgées. Les deux études suivantes concernent les réactions liées à la peur de tomber en exposant en RVI des sujets âgéspuis des sujets jeunes de moins de 30 ans.

La 1ère étude démontre une adhésion positive à la RVI chez 33 personnes, de 89,3 ans en moyenne, vivant dans 8 EHPAD différents. La RVI est non seulement bien tolérée, mais aussi bien acceptée par un public senior, ouvrant la voie à des applications thérapeutiques plus larges.

Méthodologie

2 études ont été réalisées ensuite auprès de sujets âgés et jeunes, en collaboration avec KineQuantum®. L’expérience auprès des personnes âgées a été effectuée en cross-over randomisé bi-centrique avec 27 participants de +65 ans ayant la capacité de maintenir une station bipodale au moins 5 minutes. Ils ont été exposés à deux scénarios virtuels : une scène de Bascule en avant simulant une chute antérieure, et une scène de Translation reproduisant un avancement sans chute. Ces deux scènes ont été réalisées en collaboration avec l’équipe de développeurs de la société KineQuantum®. Les participants ont ensuite été exposés à ces scènes à plusieurs reprises.

Résultats

Habituation émotionnelle : une baisse graduelle de la peur a été mesurée au fil des expositions à la scène de Bascule avec une diminution de l’ENP de 4,57 initialement à 1,52 après plusieurs occurrences, mettant en évidence un phénomène d’habituation émotionnelle significatif. Grâce à ce processus, les participants perçoivent de moins en moins le vide antérieur et la chute comme inquiétants, réduisant la peur et le déséquilibre ressentis.

Adaptations posturo-comportementales : les ajustements posturaux sont devenus progressivement plus automatiques et le contrôle postural est devenu moins couteux. Cette adaptation s’est traduite par une réduction de la surface du diagramme de phase dès la 2e exposition et a continué à baisser durant les 11 expositions postérieures. Les participants se sont acclimatés rapidement à la menace de chute, adoptant une stratégie d’équilibration plus efficace. De plus, l’ancrage visuel attribué initialement à la menace a diminué au fur et à mesure des expositions, réduisant la dépendance visuelle et améliorant l’attitude posturale.

 

Les individus avec un Syndrome de Désadaptation Psycho-Motrice (SDPM) évaluent certaines situations plus menaçantes qu’en réalité et y répondent par une attitude posturale défensive exagérée. L’étude montre qu’en exposant des participants à plusieurs reprises à une scène simulant une chute, l’ensemble des réponses peuvent être réduites. Le scénario en réalité virtuelle répond ainsi aux conditions nécessaires à l’application de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour rééduquer les composantes psychologiques et posturo-comportementales du SDPM.

 

Ce travail démontre que la RVI peut être utilisée de façon sécurisée chez les sujets âgés, qu’une scène en RVI simulant une chute est un constituant phobique de la peur de tomber, et l’effet positif de l’exposition répétée à l’élément phobique sur l’atténuation des composantes psychologiques et posturales de la peur de chuter. Appliquée de manière progressive et adaptée aux capacités des personnes âgées, elle pourrait réduire à la fois la composante psychologique et posturale du SDPM. L’utilité d’une thérapie rééducative en RVI associée à un programme de kinésithérapie pour des seniors atteint d’un SDPM est donc validée.

bottom of page